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[Prix de Lausanne 2025] Rencontre avec le candidat français Sébastien Urban Vidal

Terminons le tour des présentations des candidates et candidats français au Prix de Lausanne 2025 avec Sébastien Urban Vidal (406). Élève au CNSMDP en DNSP3, il avait déjà participé l’année dernière à ce concours de danse. Il a souhaité retenter l’expérience, cette fois-ci dans le groupe des plus âgés. Rencontre avant les Sélections. 

 

Sébastien Urban Vidal au Prix de Lausanne 2025

 

Comment aviez-vous vécu le Prix de Lausanne l’année dernière ?

C’était une expérience incroyable, extraordinaire. Cela m’a ouvert des portes sur tout un nouveau monde, que ce soit dans mon travail ou des opportunités. J’ai pu faire un stage à la San Francisco Ballet School, une expérience incroyable. Et cela m’a donné plein de directions pour le futur. Il n’y a eu aucun regret, j’apprends de ce qui s’y est passé, de bon comme de moins bon. À la fin du Prix l’année dernière, j’ai eu un rendez-vous avec le jury, j’ai pu faire un bilan des choses à améliorer et travailler. On m’a conseillé de plus affirmer ma personnalité, que ce soit en cours ou sur scène, montrer ce qui me différencie, ce qui ressort de moi. Cela m’a permis de travailler dessus, c’était un passage important.

 

Pourquoi avoir voulu retenter cette année ?

Cela représente une opportunité immense pour avoir une place dans une compagnie ou un Junior Ballet. En catégorie Senior, les attentes sont différentes et j’ai travaillé là-dessus toute l’année passée. Au Prix de Lausanne, on peut vraiment voir notre évolution sur toute la semaine. On est très sollicité, le travail intense se fait dès le premier jour. J’ai pu progresser, mieux me sentir en cours. Le jury nous a observés, les directeurs et directrices de compagnies aussi, ils voient notre capacité à nous adapter et à apprendre.

 

Comment avez-vous progressé durant cette année ?

Le plus important a été au niveau de mon attitude en cours, j’ai beaucoup travaillé sur ça. Comment, à travers le mouvement, les exercices, une minute de variation, je pouvais montrer – à un public, un jury, des parents – comment je pouvais montrer qui j’étais, mes qualités d’interprète. On fait aussi un gros travail sur la grande technique masculine en DNSP3, c’est attendu dans ma catégorie Senior au Prix de Lausanne. Je suis cette année avec Gil Isoart, je l’apprécie énormément, aussi bien en tant que professeur qu’humainement. Ces derniers mois ont été très intenses, il m’a fait beaucoup progresser, dans ma façon d’organiser ma danse.

 

Quelle variation classique avez-vous choisie cette année ?

J’ai pris le Grand pas de Paquita. D’abord, ce qui est le plus important pour moi dans la danse, c’est la musique, et celle-ci me plaît énormément, elle est très joyeuse et enivrante. Et puis j’aime beaucoup l’enchaînement de pas, avec cette diagonale. Il y a beaucoup de déplacements sur scène, cela permet vraiment de profiter de cet espace. Avec Gil Isoart, on a fait beaucoup de travail sur le style, les épaulements, les accents, aussi l’humeur et l’attitude à avoir sur scène. Lucien n’est pas un Prince, mais il reste très fier tout de même, très précis. On a beaucoup accentué sur le travail de jambes, la finesse dans les pieds, les placements pendant les sauts. J’ai aussi eu la chance de danser cette variation sur scène lors de la finale parisienne du YAGP, où je suis arrivé premier chez les Seniors, cela m’a montré ce qu’il fallait travailler sur les trois derniers mois. Ce concours a été une expérience très importante. Même si je ne pense pas faire la finale à New York en avril : j’ai plusieurs échéances qui arrivent en même temps cette année, comme passer mon bac.

 

Et pour la variation contemporaine, qu’avez-vous choisi ?

J’ai repris la même que l’année dernière, Urge for Going de Christopher Wheeldon. Elle a été un superbe moyen de m’exprimer, j’ai un véritable plaisir à la danse. J’adore la danse de Christopher Wheeldon, c’est un chorégraphe que j’apprécie beaucoup. Je me suis dit que, cette année, en gagnant en maturité, en apprenant de ce qui s’est passé l’année dernière, je pouvais approfondir tout ce qui était sensation et intentions. Je souhaite vraiment être un véritable interprète et y mettre toute mon âme. Il n’y a pas eu de lassitude dans le travail. Je sais que j’ai grandi, cela m’a permis de la découvrir sous un autre angle, tout en gardant ce sur quoi j’avais travaillé l’année dernière. Et y rajouter des nuances, un travail de regard et d’intention tout au long de la variation.

 

Sébastien Urban Vidal (406) au Prix de Lausanne 2025

 

L’équipe artistique est entièrement différente pour les garçons. Comment se sont passés vos cours cette semaine ?

Le travail de Yoel Carreño dans les cours de danse classique est très différent de l’année dernière. Il propose un travail très physique qui demande beaucoup de force. Cela m’a permis de bien me recentrer dès le début de la semaine (sourire) avec des enchaînements assez longs, mais il faut toujours montrer que cela nous semble facile. Le cours était ainsi difficile, mais très agréable tout de même. J’ai beaucoup aimé aussi le cours de danse contemporaine de Sarawanee Tanatanit. C’est assez différent de la technique Cunningham ou Graham que l’on peut travailler au Conservatoire. mais cela m’a énormément plu et permis d’explorer autre chose. Le musicien qui nous accompagne, Paul Pavey, nous plonge dans un univers que j’ai beaucoup aimé. On a fait aussi un travail d’improvisation très intéressant, cela nous a montré toute une diversité de mouvements et de nuances. Le coaching de la variation classique avec Federico Bonelli était également très agréable. Il est extrêmement bienveillant et a vraiment pris le temps, même en six minutes, de donner des corrections très objectives et justes, notamment sur les épaulements, le dos ou le regard. Ce sont des choses très importantes une fois sur scène, pour faire ressortir encore plus la variation.

 

Quelles sont vos ambitions pour votre deuxième Prix de Lausanne ?

Bien sûr, une place en finale serait fantastique. La première chose qui me vient à l’esprit, c’est que cela me permettrait de redanser une deuxième fois mes variations qui me plaisent énormément, de profiter encore plus de la scène, du théâtre et du public. C’est bien sûr aussi l’opportunité de se démarquer encore plus devant les directeurs et directrices de compagnies. J’aimerais beaucoup intégrer la compagnie junior du Het Nationale Ballet, que je trouve superbe. Et je rêve toujours du Ballet de Bavière à Munich, de l’English National Ballet, du Royal Ballet, de l’Opéra de Paris… Toutes ces grandes compagnies qui ont un répertoire classique tout en étant très diversifiées. Je me penche aussi vers des choses un peu plus différentes, comme Vienne ou Prague. Je reste ouvert. J’ai vraiment fait un travail d’information sur les différentes compagnies cette année, dans plein d’autres pays.

 

Venez-vous à Lausanne avec plus de pression cette année ?

J’y vais en me disant qu’il faut que je prenne un maximum de plaisir, que je profite vraiment de chaque moment, et surtout de la scène. La scène, cela m’a toujours donné envie. J’ai encore plus envie de profiter de cet espace qui nous est offert.

 
  
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Commentaires (1)

  • Nguyên Marie

    C’est appréciable de connaitre le parcours et les intentions techniques et artistiques des concurrents et concurrentes

    Répondre

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