[Prix de Lausanne 2025] Les Sélections
Après cinq jours de cours de danse et de séance de coaching, les 84 candidates et candidats du Prix de Lausanne ont dansé sur la scène du Théâtre de Beaulieu leurs variations classiques et contemporaines pour l’épreuve des sélections, qui a eu lieu le vendredi 7 février. 20 jeunes talents ont été sélectionnés par le jury pour la finale, qui a lieu le samedi 8 février.

Les finalistes du Prix de Lausanne 2025
Les vingt finalistes du Prix de Lausanne 2025 sont :
Ordre indiqué par numéro de dossard.
101 – Chloe Helimets, 15 ans et 1 mois, États-Unis, Bayer Ballet Academy
102 – Hono Hamasaki, 15 ans et 2 mois, Japon, Yuki Tokunaga Ballet schoo
115 – Jingxinyu Huang, 16 ans, Chine, The Affiliated Secondary School of Beijing Dance Academy
118 – Yuzuki Yamatani, 16 ans et 4 mois, Japon, Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris
122 – Zio Han, 16 ans et 8 mois, Corée du Sud, Sunhwa Arts High School South Korea
201 – Eita Akita, 15 ans et 1 mois, Japon, Wakui Ballet School
203 – Seia Oishi, 15 ans et 3 mois, Japon, Acri Horimoto Ballet Academy
205 – Yuuhi Fukuma, 15 ans et 6 mois, Japon, Masako Ballet Works
208 – Eric Poor, 15 ans et 8 mois, États-Unis, Ballet Conservatory
214 – Youn Jae Park, 16 ans et 3 mois, Corée du Sud, Seoul Arts High School
302 – Bogyeong Kim, 17 ans, Corée du Sud, Busan Arts High School
303 – Yihan Qin, 17 ans et 1 mois, Chine, The Affiliated Secondary School of Beijing Dance Academy
304 – Jimin Sung, 17 ans et 1 mois, Corée du Sud, Kaywon High School of Arts
313 – Yuanjin Liu, 17 ans et 10 mois, Chine, Shanghai Dance School
314 – Hanxi Wang, 17 ans et 11 mois, Chine, Shanghai Dance School
408 – Jakob Wheway Hughes, 17 ans et 7 mois, Royaume-Uni, Tring Park School for the Performing Arts
417 – Mikel Arana, 18 ans et 3 mois, Espagne, Conservatorio Internacional de Ballet e Dança Annarella Sanchez
418 – Hector Jain, 18 ans et 4 mois, États-Unis, Académie Princesse Grace
423 – Shinnosuke Yasuumi, 18 ans et 7 mois, Japon, Reiko Yamamoto Ballet School
424 – Ryan Handa, 18 ans et 9 mois, États-Unis, John Cranko School
Démarrons par une parenthèse. Je suis retombée il y a peu sur une sérieuse étude démontrant que tout au long de leur scolarité (je parle d’études traditionnelles, et non de danse), en tout cas en France, les filles étaient encouragées à ne pas faire d’erreur, et qu’elles assimilaient donc qu’il valait mieux ne rien faire plutôt que de se tromper, tandis que les garçons étaient encouragés à prendre des risques et à montrer de la personnalité, même si tout n’est pas au point. Cette épreuve des Sélections du Prix de Lausanne 2025 en a été dans son ensemble une bonne illustration. C’est un peu le cas chaque année mais, hasard des tempéraments ou choix des variations, cela m’a particulièrement frappé pour cette édition. Il serait intéressant que le monde de la danse classique se penche sur les clichés qu’elle inculque, de façon inconsciente la plupart du temps, à ses jeunes élèves.
Parenthèse fermée, retournons à ces Sélections, toujours très agréable à suivre, même par écran interposé. Les filles A étaient très différentes : certaines avec une technique déjà très en place mais plutôt timides en scène, d’autres plus brouillonnes mais rayonnantes sur le plateau. Tout dépendait ainsi de quel côté voulait pencher le jury. Les garçons A étaient à l’inverse un groupe plutôt homogène, de bonne facture et très agréable à suivre, avec un talent qui se détachait spécialement. Les variations contemporaines ont été bien plus vivantes à suivre chez ces demoiselles, tandis que ces messieurs avaient presque tous pris la même, imposant de fait une certaine lassitude. Les filles B avaient toutes une belle maturité technique, mais l’on cherchait tout de même la musicalité et de la personnalité chez beaucoup d’entre elles. Les garçons A ont montré bien plus d’engagement dans l’ensemble, même si tout n’était pas très bien en place. Par contre, dans les variations contemporaines, les candidates ont montré plus de liberté et de versatilité dans le mouvement, tandis que les danseurs avaient plus de mal à se démarquer les uns des autres dans ce type de répertoire.
Au final, le jury a choisi cinq élèves de chaque groupe, assurant une parité parfaite d’âge et de sexe (ce qui n’est en aucun cas une obligation). Chez les filles A, Hono Hamasaki (102) a fait partie de mes coups de cœur, avec déjà un grand sens du détail. Tout comme Yuzuki Yamatani (118) et sa si belle Giselle ! Déjà présente au Prix de Lausanne l’année dernière, elle y avait décroché une bourse pour le CNSMDP et revient cette année. Jingxinyu Huang (115) a aussi montré une danse d’une grande maturité. J’accroche un peu moins à la personnalité de Chloe Helimets (101), mais cette danseuse a un tel accomplissement à son âge qu’il aurait été injuste de ne pas la sélectionner. Zio Ahn (122) m’a semblé un peu raide dans Delibes Suite, mais montrant plus de liberté dans sa variation contemporaine. Tout comme ma collègue Katariina Karlsson qui l’a observée toute la semaine, j’ai beaucoup aimé la personnalité de Martina Tolaba (106). Sa danse est encore trop brouillonne pour lui ouvrir la finale, mais elle devrait avoir de belles propositions au networking forum. J’avais aussi personnellement beaucoup aimé la poésie amenée par Angelina Tan (111) dans L’éveil de Flore.
Chez les garçons A, il y avait une évidence : Youn Jae Park (214). Il fut si brillant avec Flammes de Paris, si charismatique, il a enflammé toute la salle. Et semble déjà prêt pour être professionnel. Eita Akita (201), Seia Oishi (203) et Yuuhi Fukuma (205), trois japonais, sont des graines de star et faisaient partie de mes coups de cœur de cette classe, montrant chacun beaucoup de tempérament et une danse déjà brillante. Eric Poor (208) a une danse plus en chantier mais montre une personnalité scénique indéniable. Joho Nam (209) aurait aussi pu faire partie des finalistes sans rougir.
Pour les filles B, je suis plus partagée quant aux résultats. Les cinq danseuses choisies ont toutes une danse académique absolument impeccable, mais il m’a manqué chez chacune un sens de la musique, une poésie, quelque chose de particulier. Très subjectivement, j’ai préféré la personnalité de Rhyan Foerster (315) ou le sens artistique de Camille Couton (318). La française n’a vraiment pas à rougir de sa prestation, montrant une danse élégante, avec le souci du détail, un vrai sens du style, et un très beau travail du haut du corps. Doublé d’une véritable assurance en scène, alors que cela pouvait être auparavant le défaut des élèves du CNSMDP, plus timides sur le plateau. Même conclusion pour son collègue chez les garçons B, Sébastien Urban Vidal (406), qui a fait des progrès impressionnants en un an. Dans ce groupe, plusieurs personnalités émergeaient, et mes principaux coups de cœur personnels passent en finale. Hector Jain (418) évidemment, de l’Académie Princesse Grace. Comme chacun élève de cette école, il propose en scène un travail d’une fabuleuse qualité. Ryan Handa (424) fut un superbe Solor, plein de personnalité. Une pensée pour son collègue de l’école de John Cranko, Reito Nashiki (420), brillant dans Casse-Noisette qui aurait aussi pu prétendre à une place en finale. Mikel Arana (417) n’a pas volé sa place en James, il y fut brillant, tout comme Shinnosuke Yasuumi (423) en Désiré. Que de talents ! Jacob Wheway Hughes (408) est encore fébrile et a une danse moins aboutie et posée que ses collègues sélectionnés, mais il se remarque incontestablement (et cela me fait revenir à ma réflexion d’introduction).
Bravo à tous les candidats et candidates, quel qu’a été le résultat !
Held
Toujours très intéressant de voir les chorégraphies imposées mais je regrette le temps où les candidats étaient libre de choisir leur propre chorégraphie beaucoup plus variée et plus originale vive la création personnelle
Merci pr la jeunesse et vive la danse
Sylvia Printemps
Bravo à tout les candidats et candidates selectionner pour se beau travail de ces jeunes danseurs tantot poetique tantot excellant dans leur technique .et il reste à leur souhaiter une belle finale .Bonne chance .
Reding-hourcade
Je partage les points de vue sur les candidats et candidates, journaliste culturelle je reste très intéressée par la danse classique que j’ ai pratiqué jeune.
Lausanne reste une fantastique opportunité de se faire connaître, d’ obtenir conseils et scholarships.
Bravo à tous les participants à Elisabeth Platel Monique Loudiete que j’ ai beaucoup suivies
Butler Rose Aimee, diplômée de RAD from England England.
Pour ma part, en ce qui concerne les corrections pour les garçons, les professeurs n avaient pas tjs un micro afin que l assistance puisse entendre les corrections. Aussi quand LA Directrice de l Opera de Paris, Elizabeth Platel donne le cours avant les prestations des danseurs ,le public etait tres bruyant , ce qui donne pas beaucoup de respect pour le professeur et les participants.